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Néosis Mag' http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine L'actu du Livre indépendant Wed, 07 Jan 2015 17:58:44 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=4.2.15 Bonne année et bonnes lectures pour 2015 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/bonne-annee-et-bonnes-lectures-pour-2015 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/bonne-annee-et-bonnes-lectures-pour-2015#comments Wed, 07 Jan 2015 17:57:21 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=942 Lire la suite →]]> Quelques pistes…

livres secrets 1 - copie_1

On devient écrivain parce qu’on aime les livres. Comme lecteur tout d’abord, de plus en plus passionné, puis comme auteur ensuite, avec le désir fou, à la fois humble et magnifique, de les rejoindre. Parmi toutes ces lectures, il en est souvent une qui a fait jaillir l’étincelle créatrice et dont on se souvient comme au premier jour. Ce texte essentiel n’est pas nécessairement un chef- d’œuvre. Avec le temps, il arrive que son admirateur en mesure mieux que quiconque les faiblesses et prenne conscience de la naïveté qui était la sienne alors. Cependant, pour rien au monde, il ne le renierait. Il sait ce qu’il lui doit. Sans lui, il n’aurait pas eu le désir irrépressible de se mettre en mouvement pour célébrer la beauté du monde ou en dénoncer les abominations. Venus de tous les horizons, dix-sept « compagnons de songes » de l’Atelier Imaginaire disent tour à tour quel livre, quelle lecture a joué un rôle déterminant dans leur envie d’écrire, de devenir eux aussi écrivains.

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jour de l'an salager

Le Jour de l’An pour la plupart d’entre nous est jour de fête ; mais il est pour d’autres jour de solitude et de déshérence… Ce livre compose ainsi une mosaïque de personnages très subtilement décalés, transformés par cette date particulière. Loin de toute facilité concédée à la modernité, Roch Salager s’inscrit dans le registre d’une écriture minutieuse, qui le place aux côtés d’auteurs tels que Michon ou Bergounioux.

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chemin

C’est le chemin qui compte est un journal de voyage drolatique et spirituel. Ce que Marie Surgers écrit est intelligent, plein de justesse et de vitalité. Captivant. Réjouissant. Elle transmet quelque chose qui la traverse, elle restitue des ambiances, des paysages, des portraits, et quelque chose de très personnel, la façon dont elle reçoit et filtre tout cela. On y apprend les subtilités de la langue arabe et les plaisirs du backgammon, on y circule en microbus, on y contemple les étoiles du désert et, une fois le livre fermé, on aspire à y retourner.

« J’ai vécu à Damas au premier semestre 2010. Je tenais un blog destiné à mes proches. J’ai écrit ces textes dans une Syrie où l’idée même d’une révolution n’avait aucun sens. À l’époque, là-bas, on avait des ombres sur la langue, et certains sujets ne s’abordaient qu’ivre, tard dans la nuit et à mi-voix.
Impossible, même pour une étrangère, d’évoquer sur un réseau surveillé la visite hebdomadaire des mukhabarat, la corruption et les rumeurs de prisons secrètes.
Ce Chemin est sincère, honnête mais fragmentaire.  »
Marie Surgers

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bolivienne

Un bidonville traversé par un fleuve où vivent des crapauds mutants qui nourrissent des habitants jouissant d’une santé florissante, un Dr Karrufa qui voit là un bon moyen de s’enrichir, n’était une Bolivienne aussi belle qu’intrépide… et voilà une histoire baroque où les péripéties s’enchaînent sur un rythme trépidant.
Un récit hilarant, décalé, provocateur.

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« Je ne peux me défaire de cette idée : natura naturans, la nature naturante. J’y vois une définition très juste de l’activité du lecteur face au texte. Par l’interprétation singulière qu’il en fait, pas sa réappropriation, il le fait vivre. Et j’irais même jusqu’à dire qu’il en partage la création, sans aucun doute. » Alice Popieul, février 2014.

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Après le succès du tome 1, Magnus, une histoire pour tuer le temps de Laurent Peyronnet, les éditions Dadoclem ont décidé de poursuivre cette aventure fantastique.
Magnus, le dernier chaman est le deuxième volet des aventures de Magnus, un Norvégien de 10 ans qui découvre le pouvoir de voyager dans les livres. Ce deuxième opus, surprendra les fans de Magnus.
Godo est toujours aux crayons pour illustrer superbement ce roman jeunesse.

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Dachau à Hollywood

Grâce aux images et aux textes laissés par le réalisateur George Stevens, il est possible aujourd’hui de comprendre la manière dont les Alliés, et plus particulièrement les Américains, ont pensé le moment de la découverte des camps nazis. Parti de Hollywood en 1943, Stevens débarque en Normandie en juin 1944, et parvient à Dachau au mois de mai 1945. Aux images tournées par ses opérateurs, nous avons ajouté les siennes, tournées avec une petite caméra personnelle, et surtout, les rapports de prises de vues, ainsi que les trames des événements filmés, rédigés par George Stevens et Ivan Moffat.
Ces textes révèlent une grande intelligence des situations rencontrées. Ils démentent le lieu commun de la faible compréhension, voire même de l’absence de compassion des soldats américains face aux « atrocités nazies ».

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Mambo Canaille de Juan Carlos Mendez Guedez http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/mambo-canaille-de-juan-carlos-mendez-guedez http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/mambo-canaille-de-juan-carlos-mendez-guedez#comments Wed, 17 Sep 2014 13:43:17 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=884 Lire la suite →]]> Mambo Canaille, c’est une immersion en plein Madrid… Avec trois personnages, Henry, Simao et Alejandro, non madrilènes, leur principal point commun.
Des immigrés sur une terre espagnole brûlante où l’auteur, Juan Carlos Méndez Guédez originaire du Vénézuela, mélange des scènes dignes d’une vidéo YouPorn à la violence physique interindividuelle et des discours motivés par un esprit de parti (politique), par un masculinisme boitillant (produit de la normativité générale) et par une volonté d’écraser l’Autre. Stop ! Le postmodernisme se fout de tout. Cette terre brûlante, Henry, Simao et Alejandro finiront par la parcourir ensemble, pieds nus et ivres, recherchés par la police :

« Merde, on n’a pas de chaussures – murmura Simoa, puis il désigna les pieds nus d’Henry et les chaussettes d’Alejandro, aussi crasseuses que les siennes. Ils se regardèrent. Un rire bref. Profond. Puis ils gardèrent le silence ».

Ce rire « bref », « profond » s’étire tout au long du roman, un rire qui garde un air sarcastique, satirique et dégomme tout par son second degré :

« C’est un procédé dont j’ai eu l’idée alors que je me lavais les cheveux avec du shampoing à la fraise ».

Tout est exagéré, souriant
, à tel point que l’obsession d’Henry de créer SON ŒUVRE, les péripéties sans queue ni tête que se farcit Simao et la hargne d’Alejandro qu’il finira par ramasser à la petite cuillère ne sont que des masques changeants, ironiques, qui donnent une densité folle au texte et un crédit supplémentaire à son écriture directe. Une écriture marquée par une absence de sous-entendu : un chat est appelé un chat et les héros semblent avoir été extraits de la rue pour être replantés sur ces pages. Sur la forme, rien ne semble remanié, comme si Méndez Guédez se fichait de plaire ou non car on pourrait être choqué par les discours à tendance misogyne ou encore par l’emploi péjoratif du terme « pédé », par exemple. Tout est livré en premier jet assumé, ce qui confère au texte, brut et sans chichi, un réalisme affolant.

Finalement, Mambo Canaille, livre exutoire qui va droit au but, est une valse amusante, qui transforme des médiocrités du quotidien en raison pour glousser devant son livre et qui dédramatise des situations sociales parfois précaires où sont entraînés voire englués les personnages principaux.

Amandine

Mambo Canaille de Juan Carlos Mendez Guedez

Mambo Canaille de Juan Carlos Mendez Guedez aux éditions Zinnia

Site des éditions Zinnia

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Ce fut comme une apparition pour Fabien Sanchez http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/ce-fut-comme-une-apparition-pour-fabien-sanchez http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/ce-fut-comme-une-apparition-pour-fabien-sanchez#comments Tue, 16 Sep 2014 08:55:20 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=930 Lire la suite →]]> Petit mot de l’écrivain Fabien Sanchez heureux de voir son livre pour la première fois :

Chers amis, je viens de le recevoir par la poste ; je me sens ému comme un adolescent….

Extrait de mon roman « Le sourire des évadés » à paraître le 21 Octobre aux Editions La Dragonne

Quand j’ouvris la porte de la maison de ma mère, je reçus la fraîcheur des pièces ombrées comme une bénédiction. Je posai la valise à roulettes dans un coin du hall et me dirigeai d’instinct vers la cuisine. Ma mère soit louée, pensai-je, apercevant dans le frigo la rangée de 1664 qui scintillait devant mes yeux. « Un homme et une femme à la renverse et la même chose en sens inverse », déclamai-je en accordant ma voix au timbre vocal de la publicité des années quatre-vingt. Je revoyais encore le couple en ombre chinoise sortir le grand jeu sur fond bleu. « Le plus grand numéro qu’une bière puisse vous faire… »

J’entrepris d’ouvrir les volets de toutes les pièces et pris soin de tirer les rideaux pour éviter l’afflux de moustiques. « Faites gaffe les mecs, je suis venu armé ! » menaçai-je. L’idée n’était pas de les massacrer, j’avais moins qu’eux le goût du sang. Butix était inoffensif, juste dissuasif. Comme beaucoup de mâles de quarante ans qui se piquaient de l’idée de chercher encore un sens à leur vie, je m’étais immergé dans l’œuvre d’une poignée de maîtres tibétains, et il était certaines choses que je ne pouvais plus envisager de faire sans me préoccuper de leurs interactions sur mon bagage karmique.

Je montai l’escalier extérieur qui menait à la tour attenante à la maison et déposai ma valise sur le lit de mon ancienne chambre. Les posters avaient disparu des murs depuis longtemps au profit d’un nouveau papier peint. Seule avait survécu l’affiche de Midnight Express. Les autres étaient passées entre les mains de ma mère, c’est-à-dire par le feu. Cette dernière affiche représentait le vestige d’une époque révolue et s’apparentait à un monument qui rendait hommage à toutes celles qui avaient péri dans les flammes.

La vue était toujours la même depuis la fenêtre qui donnait sur le dépôt de bois et le muret en parpaings ourlé d’une canisse qui libérait une haie de chênes verts, derrière laquelle se profil ait un coin de garrigue où rien jusqu’ici n’avait été construit. La tramontane soufflait dans les branches. Je m’assis sur le rebord de la fenêtre, le menton en appui sur la paume de ma main, clignant des yeux dans le soleil vif de juillet. Le visage de Clémence, tel que je l’avais connu petite fille, se découpa fugitivement devant moi. Elle me toisait avec acrimonie. Du haut de ses dix ans, elle n’avait à l’évidence pas l’air contente de me voir débarquer, affichant une moue sévère qui ne souffrait pas d’équivoque. Ironie du sort, la femme qu’elle était devenue aujourd’hui et dont j’hésitais encore à dire qu’elle était mon épouse, se réjouissait probablement au même instant de mon départ pour le sud, d’autant que le couple que nous formions depuis deux décennies hissait un drapeau en berne. « J’ai besoin de me retrouver seule », m’avait-elle dit un jour. Je l’avais prise au mot pour m’en aller louer un studio dans le vingtième arrondissement de Paris, que j’occupais depuis près de trois mois. Clémence me reprochait de n’avoir jamais grandi, quand elle rêvait d’un homme qui fût pleinement en harmonie avec son âge. Et pour cette raison, entre autres, étions-nous sur le point de nous séparer définitivement.
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Un petit aperçu avant sa sortie prochaine en librairie.

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Idées de lectures pour la rentrée http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/idees-de-lecture-pour-la-rentree http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/idees-de-lecture-pour-la-rentree#comments Sun, 14 Sep 2014 18:30:55 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=899 Lire la suite →]]> © Dean Gorissen

Derrière le papier peint de Junie Terrier, éditions Rue des promenades, disponible en octobre

 Une expression féminine des joies et des tourments qui font le flot des jours. Au fil des nouvelles, Junie Terrier explore toutes les facettes du mystère de la relation : ce qui nous lie et ce qui nous sépare, ce qui nous tue et ce qui nous fait vivre.

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Litanies du lait de Charlotte Bayart-Noé, éditions Rue des promenades, disponible en octobre

Il y a bien des choses qui prennent dans nos vies une grande place mais on ne le dirait pas. Le lait par exemple. Les litanies du lait partent à la rencontre du demi siècle écoulé sous cet angle singulier.

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Dessin Noémie Barsolle

Dessin Noémie Barsolle


Excursus de Benoit Fourchard, éditions La Dragonne, disponible en octobre

L’inconfort et le malaise s’introduisent au coeur de situations banales. Hypocrisies et conventions factices sont passées au scalpel.

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Le Sourire des évadés de Fabien Sanchez, éditions La Dragonne , disponible en octobre

Le Sud au coeur de l’été, William revient dans son village natal. Une fois sur place le fantôme de son ami ne cesse de le hanter.

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On aurait dit une femme couchée sur le dos de Corinne Jamar, éditions Le Castor astral

Fuyant son père et son passé, Samira a trouvé en Crète un lieu pour vivre, un univers qui, s’il lui demeure un peu étranger, est devenu profondément le sien, sublimé par la mer et les montagnes qui en forment les contours. Elle épouse là le bel Eleftheris et ouvre une petite cantine sur la plage de l’Akrotiri, mondialement célèbre depuis le succès du film Zorba le Grec. Son bonheur n’est cependant pas sans ombres.

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Fuenzalida de Nona Fernandez, éditions Zinnia

À partir de la trouvaille accidentelle dans des poubelles d’une vieille photographie, la narratrice, scénariste de feuilletons télévisés, se lance à la recherche d’un père, Fuenzalida, trop longtemps absent, et re-construit une enfance traversée par le coup d’État de 1973 à Santiago du Chili. Mais elle est aussi confrontée à la soudaine perte de conscience de son fils Cosme hospitalisé dans l’urgence. Histoires qui à leur tour trouvent un écho dans une série TV, dont la narratrice est l’auteure, projetée dans la salle d’attente de l’hôpital. Une fiction à la construction aussi étonnante que captivante, capable de tisser l’histoire politique chilienne récente, les archives de cas réels de la répression, l’écriture d’une série TV, la mystérieuse maladie d’un enfant et des éléments biographiques propres à l’auteure.

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La Bolivienne de Ricardo Strafacce, éditions Zinnia

Un bidonville traversé par un fleuve où vivent des crapauds mutants qui nourrissent des habitants jouissant d’une santé florissante, un Dr Karrufa qui voit là un bon moyen de s’enrichir, n’était une Bolivienne aussi belle qu’intrépide… et voilà une histoire baroque où les péripéties s’enchaînent sur un rythme trépidant.
Un récit hilarant, décalé, provocateur.

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Ombre monde de Roselyne Sibille, éditions Moires
« Ombre monde. Cette ombre qui, parfois, envahit le paysage, le fait changer de couleur et de définition. » roselyne-sibille-ombre-monde-couv-200.png

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Lumière sur Anna Dubosc http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/lumiere-sur-anna-dubosc http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/lumiere-sur-anna-dubosc#comments Mon, 19 May 2014 15:01:47 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=866 Lire la suite →]]> Anna Dubosc publie aux éditions Rue des promenades son troisième roman. C’est l’occasion pour nos lecteurs de donner leurs impressions sur ses 3 livres.

    Le dessin des routes, mai 2014 :

Le dessin des routes d'Anna Dubosc

Dessin des routes d’Anna Dubosc

La première de couverture m’a laissée perplexe ! Aucune route sinueuse comme je m’y attendais à l’annonce du titre mais une ouverture sur l’océan au soleil couchant, l’immensité insondable et paisible…quelle rupture avec le texte !

C’est un roman sur les paumés. Des hommes et des femmes en quête de sens et d’amour. Un amour qui se veut cruel et insaisissable. C’est un roman sur l’échec de la vie, des responsabilités, de la communication. C’est un roman sur l’abandon : l’abandon des devoirs institutionnels, familiaux et surtout de l’espoir.

On ne souhaite pas s’identifier aux personnages d’Anne Dubosc : au contraire, on cherche à s’en éloigner, on les juge de prime abord : viles, misérables, vulgaires, ils inspirent bien peu la convoitise….puis bien vite il faut se rendre à l’évidence…comment ne pas s’attacher à ses enfants perdus en découvrant le lourd poids de leur passé ? Ces anti héros vivent une tragédie au sens littéraire du terme : leur destin semble déjà écrit, les histoires se répètent et rappellent qu’on ne peut « sortir de la route ». Les comportements sont souvent honteux et méprisables mais on prend pitié de ces pauvres créatures qui se heurtent au fatalisme dont on n’échappe pas, par une logique de lois héréditaires et par une forme implacable de déterminisme presque biologique. La route est déjà tracée, les bonheurs éphémères et fragiles « Pendant une heure, on est heureux ».

C’est un roman à la première personne. Les phrases sont lapidaires, minimalistes et incisives ; le narrateur économise ses mots, comme si chaque phrase lui coûtait un effort pénible. La narration d’un personnage désabusé (comme ceux des romans de la nouvelle génération) dont chaque phrase va à l’essentiel sans détour, traduit le désœuvrement et la rupture de communication avec le monde. Le roman s’amorce sur un constat de mal être « J’ai cent ans dans ma tête » et ce sentiment se généralise à tous les personnages : un jeune homme qui se prend pour un vieillard, une mère en pleine crise d’adolescence, une adolescente qui joue aux jeux des adultes, un fils qui prend la place du père… c’est un livre qui reflète l’égarement du « droit chemin ».

L’auteur a su à merveille saisir l’esprit d’une époque. Ce roman est sensible, bien écrit et terriblement émouvant : Anna Dubosc montre avec brio que du sordide peut émerger une poésie des plus touchantes. Un fameux proverbe dit« Il n’y a pas de mauvaises routes, il n’y a que de mauvaises rencontres »…peut être est-ce le cas pour certains de ces personnages mais au fur et à mesure des pages on sait que les raisons de cet abandon de vivre est la résultante d’un triste constat : pour beaucoup le destin des routes est déjà tracé…

A la fin de cette lecture m’est venu en tête le poème de Baudelaire sur la mer… de quoi peut être répondre à mes questions sur la première de couverture… chacun verra son propre chemin pour quitter la route !

« Homme libre, toujours tu chériras la mer!

La mer est ton miroir, tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. »

Élise

    Son deuxième roman : La fille derrière le comptoir

La Fille derrière le comptoir Anna-Dubosc éditions Rue des promenades, paris

La Fille derrière le comptoir Anna-Dubosc

Le livre se lit d’une traite tant il est prenant. L’écriture est définitivement contemporaine. Je déconseille l’ouvrage aux amoureux de la langue française ou aux férus de littérature dite classique. Il n’est pas non plus pour un public jeunesse : trop d’argot. Quant aux personnes qui ne supportent pas les discours haineux, qu’elles passent leur chemin : racisme, misandrie… Font partie des attitudes de l’héroïne (qui n’en est pas une, tout tourne autour de cette absence de sublime). Il est question du quotidien banal d’une jeune femme d’origine algérienne, mariée, qui travaille dans la restauration rapide. Elle rapporte la brutalité du monde de façon acerbe. Elle aurait pu être moi, elle aurait pu être vous. En effet : elle n’a rien d’exceptionnel. Et pourtant, Anna Dubosc la fait exister, la rend vivante : mieux, elle l’impose.

Amandine

    Son premier roman : Spéracurel

Speracurel d'Anna Dubosc

Speracurel d’Anna Dubosc

Ces nouvelles voire ces « tranches de vie » sont amusantes, étonnantes attendrissantes parfois. L’écriture reste toute simple et légère mais les mots pèsent, l’ouvrage se lit tellement vite que je l’ai considéré comme une parenthèse agréable dans les mes lectures du moment qui sont beaucoup plus graves.
C’est un ouvrage parfait pour une lecture de vacances. Petit format idéal pour être emmener partout, il correspond bien à son contenu fait de petites voire de micros nouvelles.

Sandrine

Site des éditions Rue des promenades

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Jardin botanique d’Alain Bertrand http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/jardin-botanique-dalain-bertrand http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/jardin-botanique-dalain-bertrand#comments Mon, 19 May 2014 14:07:58 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=855 Lire la suite →]]> L’avis de trois de nos lecteurs

Une fois de plus, Marc Torralba, l’éditeur du Castor Astral, a déniché une perle (très) rare en la personne d’Alain Bertrand, écrivain belge francophone originaire de la ville de Gand disparu depuis peu. À travers de courtes nouvelles hautes en couleur, ce dernier nous fait découvrir toute la richesse (linguistique, humaine, gastronomique, etc.) de ce pays traditionnellement divisé entre « Flamands » et « Wallons ». Cette dichotomie fondamentale donne lieu, tout au long de cet ouvrage, à des descriptions cocasses, à faire hurler de rire n’importe quel lecteur ! Que l’on soit familier de la Belgique, ou pas… D’un trait de plume acéré, qui n’a rien à envier à la prose la plus hilarante d’une Amélie Nothomb, l’auteur propose avec Jardin Botanique une véritable ode à la Belgique francophone. Dans l’une des nouvelles, une excentrique professeure de français déclare à ses étudiants, d’une voix indignée : « La Wallonie […] est la seule région d’Europe où l’on étudie pas sa propre littérature ».

Espérons que cette grande voix de la littérature francophone résonnera un jour dans les amphithéâtres, en Belgique wallonne comme ailleurs…

Joachim


Lecture étonnante à déguster
tant la truculence mais aussi l’émotion naissante de cet adolescent se cherchant à l’intérieur des deux cultures flamandes et wallone nous fait comprendre son chemin de vie à travers les richesses et incohérences observées. Un vrai travail d’orfèvre au niveau des descriptions jamais banales parfois incongrues mélangeant l’humour et l’ironie mais aussi une connaissance de l’intérieur de ce « plat pays qui est le sien »

Monique

J’ai été séduite par cette plongée en Belgique. La découverte des effets des « problèmes communautaires propres à la Belgique » sur un belge (l’auteur est-il flamand, wallon, bruxellois ?) est très intéressante et aère la tête.
La couverture du livre, belle, qui fait le lien entre les « racines » (les origines) de l’auteur et les racines des plantes rappelle qu’Alain Bertrand se découvre promptement, agite sous nos yeux ses souvenirs d’enfant, d’adolescent ou de jeune adulte. Cela éclaire les comportements de sa génération dans les années 70 (cultures, mœurs). Enfin, le niveau d’écriture est élevé mais au final c’est un total dépaysement.

Amandine

Jardin botanique d'Alain Bertrand, Castor Astral éditeur

Jardin botanique d’Alain Bertrand, Castor Astral éditeur

Site du Castor Astral

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Petite Encyclopédie des vampires http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/libraires/petite-encyclopedie-des-vampires http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/libraires/petite-encyclopedie-des-vampires#comments Thu, 24 Apr 2014 13:20:13 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=839 Lire la suite →]]> D’emblée nous sommes « mordus » par la couverture de ce très beau livre : pas de doute nous tenons en main un manuscrit des plus précieux ! Sous ses apparences de vieux grimoire, difficile de ne pas se prendre au jeu des sciences obscures en ouvrant les portes d’un monde méconnu : celui des vampires !

Des vampires mais pas seulement, cela aurait sans doute été fastidieux à lire…Inutile d’être croqueur de gousses d’ail ou amateurs de tombeaux ouverts pour se délecter de cet ouvrage, on y trouve tout un tas de petites choses : de l’article scientifique sur la chauve-souris aux plus beaux poèmes de Baudelaire, des erreurs à ne pas commettre face aux gourmands anthropophages aux anecdotes les plus cocasses…et tout cela sous l’égide de l’encyclopédie !

Aucun classement si ce n’est l’ordre alphabétique et les notes mordantes dans la marge (« mal lunés, Haïti louche, famille je vous saigne… » ). On déambule au rythme décousu des articles et c’est tant mieux ! Cinéma, poésie, humour et sciences occultes : un cocktail sanguinolent dont on se délecte… Vampirisant !

Elise

Ce livre nous propose un format adapté à une « petite » encyclopédie, il nous évite ce côté lourd (dans tous les sens du terme !) des dictionnaires classiques. Qualité du papier, des images et de la police d’écriture nous ramène bien au fait qu’il s’agit d’un ouvrage encyclopédique.

La couverture nous indique déjà, hormis le titre, que c’est un ouvrage ludique et instructif, un vrai livre
objet.

Petite Encyclopédie des vampires, Castor Astral éditeur

Petite Encyclopédie des vampires, Castor Astral éditeur

Destiné à tous public je confirme, je dirais même de 7 à 77 ans voire plus…

Concernant le contenu, l’organisation des textes et les illustrations nous indiquent que le livre parle de bien différentes façons des vampires en abordant ce sujet par le biais scientifique, littéraire, cinématographique ou autres… ce qui la rend justement intéressante.

Comme le stipule le dos de la couverture, on retrouve bien ce côté érudit en la parcourant. À une
époque où nos jeunes évoluent au milieu de cette nouvelle mode du vampire à toutes les sauces, je
reste persuadée qu’elle ne manquera pas de plaire
, d’ailleurs la mienne avait déjà disparue et je l’ai
retrouvée comme par enchantement dans la chambre de mes filles âgées de 14 et 16 ans !

Sandrine

Site du Castor Astral

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L’Étranger des Carpathes de Karl Von Wachsmann http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/letranger-des-carpathes-de-karl-von-wachsmann http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/letranger-des-carpathes-de-karl-von-wachsmann#comments Thu, 10 Apr 2014 21:04:31 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=830 Lire la suite →]]> L’avis de nos lecteurs

Ce récit nous plonge tout de suite dans l’ambiance d’une Transylvanie pleine de mystères.
Tout y est : la forêt, le vent, les chevaux et bien sûr les loups, affamés et prêts à attaquer !

Et puis, cette course folle pour leur échapper mais en vain… Jusqu’à ce qu’un homme, ou plutôt
une ombre apparaisse, siffle et tout s’arrête.
Ils sont arrivés au château de Klatka, maudit depuis longtemps mais ils l’apprendront à leurs
dépens.

Sauvés ? Pas tant que cela car cet « homme » dont ils font la connaissance n’est pas celui que
l’on croit mais bel et bien un vampire qui s’en prendra à la fille du seigneur, Franziska.
Celle-ci commence à dépérir mais heureusement tout n’est pas perdu…

On retrouve cette ambiance chère à Dracula dans un récit facile à lire qui nous emmène dans
les Carpathes à la rencontre de cette légende !

Isabelle


Une balade en forêt, un château en ruines, une jeune femme aussi belle que pure… Tous les éléments sont réunis pour une aventure mystérieuse !
J’ai aimé la simplicité des phrases, l’histoire qui monte en intensité au fur et à mesure. Une lecture fantastique qui nous tient en haleine. Bien sûr, de nombreuses histoires sur les vampires ont été écrites depuis et nous parvenons à reconnaître les signes. Mais, ce texte de 1844 fait preuve d’un imaginaire incroyable !

Ceux qui aimeront lire ce livre : Les amateurs d’histoires vampiriques mais pas que. Je pense que c’est un livre qui peut plaire à tout le monde, notamment parce qu’il n’y a pas tous les clichés, ce n’est pas « trop » concentré sur le vampirisme, comme peuvent l’être la majorité des livres de ce genre aujourd’hui.

Margaux

etranger des carpathes

L’étranger des Carpathes
Karl Von Wachsmann
Le Castor Astral éditeur
5,90€

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Qu’est-ce que la poésie ? Échange avec Béatrice Bloch http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/quest-ce-que-la-poesie-echange-avec-beatrice-bloch http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/quest-ce-que-la-poesie-echange-avec-beatrice-bloch#comments Wed, 19 Mar 2014 21:14:48 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=813 Lire la suite →]]> Béatrice Bloch, agrégée de lettres modernes, enseigne la littérature française à l’université Bordeaux Montaigne. Spécialisée dans les questions de la place du lecteur, elle s’est très vite intéressée à la poésie contemporaine.

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Béatrice Bloch, vous vous interrogez entre autres sur les questions qui traversent la poésie contemporaine. Qu’est ce qu’incarne la poésie pour vous ?

La poésie est pour moi, une manière originale d’aborder la réalité. Elle porte en son germe un sens philosophique. Si la philosophie pure aborde un contenu essentiel, l’étude de la poésie permet d’interroger ce contenu d’une autre manière. On peut distinguer deux aspects qui constituent un texte de poésie. Tout d’abord, le fond interroge le contenu du poème. Ce contenu questionne des caractéristiques essentielles à notre condition comme l’amour. La forme quant à elle met en scène ce contenu par le langage, par la rhétorique, ce qui permet de lui donner du sens. Les mots sont vecteurs d’idées et en ce sens, le choix des mots est décisif à l’élaboration d’une pensée.

Si on suit ce que vous dites, la poésie porte en son essence, un fond philosophique ?

Oui mais pas seulement. Ce qui distingue la poésie de la philosophie, c’est aussi sa dimension esthétique. Nombreux sont les poètes qui ont d’ailleurs privilégié ce sens esthétique en abordant des sujets plus légers. Je pense à Ponge qui a écrit sur la cuisson du pain. Ce qui distingue la poésie des autres genres littéraires c’est aussi qu’on ne peut pas la définir. On peut définir le roman, le théâtre, l’essai, la philosophie. On ne peut pas définir la poésie. La poésie est vaste. Ronsard n’écrivait pas comme Jacques Dupin, Virgile n’écrivait pas comme René Char. Florence Pazzotu a composé un recueil de poésie à base d’emails qu’elle a envoyés. A notre époque, la poésie est multiple, vaste, complexe. En ce sens, elle est indéfinissable.

Pourquoi avez-vous choisi d’étudier la poésie ?

La poésie est pour moi une quête vers une expérience intense, presque mystique. Cette matière agit sur les sens, le corps, la voix. Lorsqu’on clame un poème, le corps est pris à parti, les sens sont immédiatement intrigués par la beauté qui peut se dégager d’un texte. Cette splendeur est multiple. Elle peut toucher par sa musicalité, sa dimension orale grâce aux jeux de langues, aux jeux de rythmes. Elle peut aussi agir sur l’imagination en jouant sur les associations d’idées, d’images, ce qui permet aux lecteurs de se projeter dans un poème.

De nombreux théoriciens ou éditeurs pensent que la poésie est de plus en plus marginalisée dans le champ éditorial actuel. Quel est, selon vous, l’avenir de la poésie ?

Cette question relative à « l’avenir de la poésie » s’est posée après 1945 : comment écrire de la poésie après la deuxième guerre mondiale. La poésie a été alors bouleversée. Les poètes contemporains comme Jacques Dupin, Yves Bonnefoy ont refusé de développer les images et ont profilé une poésie plus abstraite, une poésie que demandait une ascèse de lecture presque exégétique. Cette poésie est devenue de moins en moins accessible et de plus en plus réservée à un public plus restreint. Mais si aujourd’hui les pratiques éditoriales se désengagent de la poésie au profit du roman, la poésie demeure, perdure. Le numérique, Internet permettent à la poésie de résister et lui offrent une nouvelle visibilité. Nombreuses plateformes informatiques permettent aux poètes de s’exprimer. Je pense à publie.net ou le CIPM de Marseille. Internet permet d’élargir l’expression poétique à des faibles coûts. Le désengagement de la pratique éditoriale sur la poésie a permis au poète d’être plus accessible.

Ce poète a-t-il un rôle, une fonction dans la société ?

Si le poète joue un rôle vital dans la société, la poésie assure une fonction d’autant plus importante. Nous vivons aujourd’hui dans une société de l’image, pourtant les mots assurent un rôle essentiel. L’argumentaire qu’il soit politique ou publicitaire emprunte énormément aux formes poétiques. Si Kant disait qu’ « était beau ce qu’était inutile », le système actuel en est l’antithèse parfaite. Un discours doit jouer sur les jeux de mots, les jeux de rythmes, les jeux de sonorités pour marquer l’auditoire. En ce sens, la sémiotique est essentiellement poétique.

La poésie est-elle alors indissociable de la politique ?

Je ne dirais pas ça. Je dirais que le discours politique emprunte à la poésie. Cependant dans l’idée que je me fais de la poésie et de la politique, je constate une opposition majeure.
Suzane Keen disait « les gens se laissent aller vers les émotions littéraires en se disant : c’est du faux ! » La poésie permet de prendre conscience de sa condition en opérant une distance entre le réel et le ressenti. Grâce à la poésie, nous abordons la vie avec un certain recul – à ce titre, Nietzsche parle de sanctification du faux. La poésie permet de s’ouvrir au monde et de combler le vide inexpliqué par la science. Elle permet d’aborder le monde en un regard différent.
La politique joue un rôle inverse. Je milite par ailleurs et je pense que l’action politique s’encre dans le présent pour perdurer. Je dirai que l’action politique se concentre dans l’action, l’action poétique, dans la contemplation.

La politique et l’art poétique ont toutefois un point commun : la quête vers l’idéal.

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Décrypter la poésie http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/decrypter-la-poesie http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/non-classe/decrypter-la-poesie#comments Wed, 19 Mar 2014 19:21:25 +0000 http://www.alacroiseedeneosis.com/magazine/?p=809 Lire la suite →]]> Copyright Tous droits réservés par Stéphane Barbery – « Poésie » par Patrick Dubost

Fondées en 1984, les éditions de la Crypte se sont vouées à la publication de poésie. Nostalgique, l’éditeur Christian Marsan se remémore les débuts de l’association.

L’histoire de la Crypte c’est avant tout une histoire d’amitié.

En 1984, Jean Lalaude, homme de passion et de culture, après avoir accueilli Pierre Seghers dans la crypte romane d’Hagetmau dans les Landes, décida avec Marcel Saint-Martin (peintre et poète ami de Cocteau) et Marie-Louise Haumont (Prix Femina) de créer un prix de poésie. « Jean Lalaude pensait vraiment que la culture était un trésor qui devait être mis à disposition de tous. » explique Christian Marsan.
Publier et faire connaître au plus grand nombre une poésie contemporaine exigeante, voilà l’ambition première des éditions de la Crypte. Le projet va au-delà de toutes pratiques éditoriales. Le prix de la Crypte récompense chaque année un jeune poète de moins de trente ans, jamais publié auparavant. Parmi les lauréats, Valérie Rouzeau ou Eric Sautou, jusque-là inconnus deviendront des figures majeures de la poésie française.
Ce prix permet à l’association de faire parler d’elle et progressivement, la maison s’impose dans le monde de l’édition.
« Nous fonctionnons comme des professionnels. Quand nous établissons un contrat avec un auteur, nous lui offrons toujours des cadres similaires à ce que lui aurait proposé toute autre maison d’édition, nous organisons des rencontres avec des lecteurs, nous connaissons les libraires. En tant qu’association, notre ligne éditoriale est plus souple que peut l’être celle d’une entreprise. Notre comité de lecture comprend six membres au total. Quand nous lisons un manuscrit, nous essayons de cerner la personnalité des écrivains à travers les mots. Nous analysons leur travail de recherche sur la langue, sur le rythme. Puis nous regardons enfin si le manuscrit peut intégrer l’une de nos quatre collections. »
Parmi ces collections, « Coucou » publie des contes et des poèmes pour enfant. « En bref » propose des nouvelles, contes et textes courts. « La voix de la crypte » fait découvrir aux lecteurs de la poésie contemporaine en langue française, et enfin, le prix de la crypte.

A la mort de Marcel Saint-Martin, de Marie-Louise Haumont et de Pierre Seghers, Christian Marsan reprend les rênes des éditions. « J’aime la poésie, j’en écris moi-même. Aujourd’hui, beaucoup de gens écrivent, plus qu’on ne le croit, il n’y a qu’à voir les sites internet, les blogs littéraires qui offrent une profusion de parole poétique. La poésie ne s’arrêtera jamais. » Il a alors démarché autour de lui pour trouver les nouveaux partenaires qui constituent aujourd’hui le conseil d’administration de l’association.

La crypte dans l’action

En dehors de sa pratique d’éditeur, Christian Marsan se veut le défenseur de la poésie.
Ses projets concentrent diverses initiatives dont la sensibilisation à la poésie au sein même de l’Education Nationale. « J’organise des ateliers d’écriture dans les établissements scolaires, des rencontres entre les poètes et les élèves ». Ces actions sont encouragées par les institutions régionales, notamment Ecla Aquitaine (Ecrit-Cinéma-Livre-Audiovisuel en Aquitaine), le Conseil Général des Landes, la ville d’Hagetmau qui apportent un soutien financier à l’association.

En Mars, il participera à l’organisation du Printemps des poètes de Mont de Marsan. En Juin, la Crypte en fête est une manifestation avec un programme culturel complet : poésie, exposition photographique, théâtre, musique et pique-nique autour de la crypte d’Hagetmau.
« Nous essayons de créer des liens avec d’autres associations. Je crois aux rencontres, je crois aux connexions avec d’autres structures. C’est en mutualisant les talents que nous allons réaliser des projets formidables. »
L’histoire des éditions de la Crypte est un bel hommage rendu à Jean Lalaude. Sa voix, son œuvre se perpétuent au fil des projets artistiques qui animent la crypte de Saint Girons à Hagetmau.

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